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Histoire

trou marin

C'est en 1217 que la commune prend le nom de Pré Saint-Gervais. Ce nom proviendrait du latin pratum (prairie) et Gervasius (martyr et saint milanais dont une relique fut offerte à l'église de la commune par l'abbaye de Saint-Denis). A cette époque, la notoriété du village, bâti sur une prairie au pied de la colline de Belleville, repose sur ses sources abondantes. Quatre regards, reconstruits au XVIIe siècle et classés monuments historiques en 1899, existent encore. La fontaine Louis XII, face à la Mairie, est le plus important de ces édifices. Du XIIe siècle à la Révolution, le hameau vit sous l'obédience de l'abbaye de Saint-Denis mais dépend, tant au niveau administratif que spirituel, de Pantin. Cette soumission est à l'origine d'une âpre lutte des Gervaisiens pour accéder à l'indépendance : ils n'auront de cesse de faire ériger leur hameau en paroisse. En 1588, ils obtiennent le droit d'édifier une chapelle particulière. Mais le curé de Pantin garde ses prérogatives : aucun mariage, aucun enterrement ne peut être célébré dans l'église du Pré Saint-Gervais.

En 1787, la commune acquiert enfin son indépendance municipale. Elle se choisit un nouveau nom en 1793, le Pré Le Pelletier, en mémoire de Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau (1760-1793), assassiné pour avoir voté la mort de Louis XVI et dont la propriété était voisine. En 1814, lors du siège de Paris, le Pré Le Pelletier subit de nombreuses destructions. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, la ville connait enfin une période paisible. En 1859, l'extension des fortifications de Paris ampute le territoire du Pré Saint-Gervais, qui a repris sa dénomination initiale, de vingt-sept hectares. La commune demande en contrepartie le rattachement du village de l'Avenir (future commune des Lilas), ce qui lui est refusé.

En 1870, après l'annexion par Paris de terrains militaires, la superficie du Pré Saint-Gervais passe définitivement de 109 hectares à 72. Les Parisiens viennent y flâner ou se divertir dans ses guinguettes. Charles Nodier, Bernardin de Saint-Pierre et Jacques Offenbach, parmi tant d'autres, participent à ces excursions campagnardes.
À la fin du XIXe siècle, de champêtre le Pré Saint-Gervais devient industriel avec l'implantation d'usines. Avec l'industrialisation, cette terre à vocation agricole et lieu de villégiature prisée par les riches Parisiens se transforme en véritable quartier urbain et ouvrier. La nécessité de loger une population nouvelle de travailleurs et d'organiser des services a donné naissance à un autre panorama urbain. La cité-jardin construite par Félix Dumail dans les années 1930 sous l'influence d'Henri Sellier, est un des symboles patrimoniaux du Pré.

Première ville du département de la Seine à posséder, dès 1904, une mairie socialiste, la commune participe à l'histoire ouvrière de la région parisienne. Elle accueille notamment Jean Jaurès qui prononce au balcon de la mairie, en 1913, un discours contre le passage du service militaire à trois ans. L'année suivante, à la veille de la Première Guerre mondiale, l'homme politique formule depuis la colline du Belvédère un autre discours, tout aussi fameux, sur la Paix. Malheureusement, cet appel reste sans effet. La première Guerre Mondiale provoque la mort de plus de 600 habitants. Celle de 1939/1945 voit également la disparition de nombreux Gervaisiens qui tombent pour notre liberté.

Le blason

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Les armoiries du Pré Saint-Gervais portent la devise suivante : Pré je fus, Ville je suis. Le fond vert rappelle le pré où étaient jadis parqués les moutons qui constituaient la principale ressource de l'ancien village. Les ondes d'argent représentent les ruisseaux qui alimentaient les 5 fontaines construites initialement au Pré Saint-Gervais.

blason ville

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Le logotype

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C'est la signature du Pré Saint-Gervais, l'image qui la représente depuis 2009. Par sa simplicité, ce logo présente l'avantage d'être extrêmement lisible. Il intègre désormais le mot "Ville" pour meilleure identification de la commune. La feuille évoque à la fois l'aspect "village" et l'engagement de la commune dans le développement durable. Sa forme carrée représente les limites d'un territoire restreint , dans lequel la volonté permet toutefois la réalisation de beaux projets, comme le suggère le dynamisme de sa couleur rouge.

logo institutionnel psg

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Liste des Maires

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  • Jean-Baptiste Fromin (1791)
  • Guingand (1793)
  • Pierre Cottin (1795)
  • Maurice (1800)
  • Guingand (1802)
  • François Cottin (1804)
  • Louis Hardy (1808)
  • Joachim Simonnot (1814)
  • Jean-Hyacinthe Beaugrand (1818)
  • A Videl (1826
  • Antoine Jean-Baptiste Simonnot (1831)
  • M. Poulet-Dufour (1865)
  • Eugène Augustin Bureau (1869)
  • Jolly (1870)
  • Eugène Tronchet (1871)
  • Charles Eugène Alexandre Guérin (1876)
  • Pierre Bailly (1896)
  • Jean-Baptiste Marie Semanaz (1904)
  • J.B. Tortorat (1914)
  • Eugène Boistard (1919)
  • Edmond Pépin (1944)
  • Fernand Blanluet (1965)
  • Marcel Debarge (1977)
  • Claude Bartolone (1995)
  • Gérard Cosme (1998)

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Le Pré, entre Paris et banlieue

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Vous pouvez vous procurer le livre du Pré Saint-Gervais dans les librairies et les points de vente au Pré Saint-Gervais, au prix de 17 €.

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Une histoire : "histoire d'eau"

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Le sol sablonneux des collines de Romainville et du Pré Saint-Gervais recouvre une couche impénétrable de glaise imperméable à l'eau sur laquelle glissent les eaux de ruissellement et de pluie. Celles-ci suintaient à certains endroits. Les Parisiens ont depuis longtemps songé à tirer parti, pour leur consommation, de ces sources.
Aussi, dès le XIIe siècle, les moines qui étaient propriétaires des terrains pensèrent qu'il y aurait intérêt à canaliser ces suitements et à diriger ces ruisselets vers des bassins d'où un aqueduc les conduirait jusqu'à leurs monastères de Paris.

De là, l'eau qu'ils n'auraient pas utilisée pour leurs besoins propres pourrait être répartie entre des privilégiés et aussi être dirigée vers des fontaines publiques aux bénéfices des Parisiens.

C'est ainsi que les religieux de la léproserie de Saint Lazare, amènent dans leur maison du faubourg Saint Laurent les eaux du Pré Saint-Gervais. Le mode d'adduction consistait en l'établissement de rigoles ayant la forme d'un auge qui plus tard seront revêtues de dalle de pierre et prendront le nom de "pierrées". Les pierrées conduisaient l'eau vers des aqueducs plus importants auxquels ont avait accès par des regards. De distance en distance des regards furent édifiés pour vérifier les débits, surveiller les conduites et au besoin de dériver l'eau.

En 1265, les religieuses d'un couvent voisin de l'aqueduc Saint-Gervais avaient demandé à Saint Louis l'autorisation, évidemment accordée, de prélever de l'eau pour leur usage au moyen d'une conduite branchée sur le gros "thuiau". Autour de la prise, un regard fermant à clef, réglait cette concession particulière, toute première du genre.

Il y avait quatre regards sur la commune du Pré Saint-Gervais, à savoir : le regard du Trou Morin (sente des Cornettes), le regard des Bernages (avenue du Belvédère à Paris XIXe), le regard des Maussins (transféré à la Porte des Lilas lors de la construction du Périphérique), le regard de la fontaine du Pré Saint Gervais (place de la Mairie).

Des quatre regards construits au XVIIe siècle et classés "Monuments Historiques" en 1899 deux seulement sont sur la commune du Pré Saint-Gervais (Trou Morin et Fontaine du Pré Saint-Gervais). Il y avait aussi la fontaine Saint Pierre située en haut de l'avenue Faidherbe et démolie au XIXe siècle.

Dans ces regards, l'un des côtés du bassin de réception était fermé par un baquet de cuivre percé de trous étagés verticalement. En période de sécheresse, seuls les concessionnaires servis par les ouvertures les plus basses bénéficiaient du précieux liquide, c'étaient évidemment des privilégiés.

Le prévôt des Marchands eut la surveillance de ces aqueducs puisqu'une partie de leur eau alimentait des fontaines publiques. Il devait les inspecter une fois l'an, vérifier la propreté des regards, goûter l'eau et réprimer les dérivations clandestines.

Le regard le plus important : la Fontaine, est situé devant la Mairie du Pré, il s'élève à 6 mètres de hauteur. A l'extérieur un repère nous indique que nous sommes à 70,82 mètres au-dessus du niveau de la mer. Au-dessus de la niche de la fontaine surmontée d'une pomme de pin, une ancienne inscription, très effacée, nous dit que :

"Ce regard qui reçoit les eaux de toutes les
Sources du Pré Saint-Gervais a esté construit du
Règne de Louis XIIII, prévosté de Mre Hierosme
Le Feron, président aux enquestes, eschevinage
De Mrs Pierre Hachette, conseiller du Roy au
Chastelet, Raymond Lescot, conseiller de ville,
Claude Boucot, secrétaire du Roy, Simon de
Sequeville, bourgeois ; estans Mre Germain Prête
Procureur du Roy et de la Ville, Martin le Maire
Greffier, Nicolas Boucot, receveur d'icelle".

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